Femmes russes de Saint-Petersburg: Rencontres avec belle jeune femme russe, polonaise, rencontres en Russie, Ukraine, Lettonie, Belarus, Pologne.
April 28, 2008 • Art de vivre, Beauté
Irina s’interroge sur les perceptions de la beauté en Russie et en France
La France est mondialement connue pour être le pays de la beauté créée, et Paris pour être la capitale de la haute couture. Il est tout aussi généralement admis que les femmes russes sont magnifiques. D’où un léger sentiment de culpabilité lorsque des Français, sous prétexte que je suis Russe, me complimentent sur Maria Sharapova. Sentiment à peu près comparable, je suppose, à celui d’une Française surprise à Moscou en jeans-baskets, et pas en robe Dior. Fierté nationale, quand tu nous tiens !..
La déception est grande face à ce charme si fameux des Françaises dissimulé sous un « naturel » assez désappointant, et à la beauté des Russes enfouie sous un maquillage type camion volé. On aimerait un peu plus de sophistication d’un côté, et… un peu moins de l’autre. Gare cependant aux clichés prompts et hasardeux ! On pourrait prétendre que les femmes russes cherchent inconsciemment à « se vendre », parce que le féminisme a encore beaucoup de chemin à faire. Je préfère y voir une façon différente d’appréhender l’existence.
Tout Français revenant de Russie se dit supéfait par la concentration de beauté(s) au mètre carré. Pour ma part, je me rappelle avoir été vivement marquée, lors de mon arrivée en France, par les écharpes. On était en février, et tous les gens que je croisais avaient leur manière bien à eux de porter cet accessoire. Et les couleurs. A côté de la garde-robe hivernale russe, le métro parisien en février est une orgie picturale. Une coquetterie certaine émane, tant des hommes que des femmes. Quel sondage récent a établi que le président français était, parmi ses homologues internationaux, le plus élégant ? Je veux bien le croire.
Le plus frappant, pourtant, est que ce raffinement n’a pas d’âge. En Russie, la vieillesse, même riche, est souvent peu attrayante. En France, elle prend soin de son apparence. Coiffure, maquillage, bijoux, tissus, posture… et surtout, avec mesure. Signe que la « classe », en France, est fruit de l’expérience et d’un long travail d’apprentissage. En Russie, tout est donné et pris pour acquis, de façon immédiate. La nature est génétiquement généreuse et on lui fait confiance. Tant que cela dure. Après… tant pis. Les tentatives des Russes pour tromper la nature et le temps semblent échouer dès leurs balbutiements. Maquillage élaboré devient fard vulgaire et élégance vestimentaire, exagération grotesque. Ce que les Français réussissent si bien semble, chez nous, piteux.
Question d’argent ? Non, de foi. Car pour les Russes, quand on est laid, on est laid. Et quand on est beau, on l’est sans retenue. L’expression ô combien française « mettre en valeur » est intraduisible en russe, si ce n’est par un vague équivalent d’« anoblir ». La beauté, chez les Russes, est flamboyante, foudroyante, et de courte durée. Elle ne se retient pas, et encore moins ne se travaille. Tout l’opposé de la beauté française qui, elle, est une véritable production industrielle et personnelle. Enfin, industrie… diront les jaloux.
Pour les admirateurs, ce sera un ouvrage.Et donc, Natalia Vodianova présente les robes de Dior.
Mots clés Femme russe : Beauté, femmes russes, Français, France, Russie