Voyage vers l’Amour Russe (Page 24)
Je regardais toutes ces jolies filles qui ne rêvent que de rencontrer un homme sérieux et je pensais à la situation montréalaise. Ici j’avais l’impression d’être un os à moelle alors que je n’étais qu’un produit passé date à Montréal. Je pensais à toute l’énergie qu’il avait fallu dépenser pour en arriver là. J’éprouvais la fierté d’avoir cru en mon idée jusqu’au bout et de l’avoir réalisée. En rentrant à la maison, le soleil avait fini par percer à travers la grisaille ambiante. Le froid vif et mordant n’arrivait pas à me distraire de mes réflexions. Pourquoi cet univers était-il aussi inhospitalier pour toutes ces jolies filles. Sans doute avait-il été conçu par des hommes et pour des hommes seulement. En regardant les blocs de béton délabrés qui servaient de logement, je me demandais si des femmes auraient choisi de construire de telles horreurs architecturales si elles avaient eu droit de parole au temps des soviets.
A la maison, Lubov nous avait préparé une délicieuse soupe dont je me suis resservi trois fois. A 16 heures, Slava et Olia sont venus nous chercher pour une séance de sport à la piscine de Naberezhnye Chelny. Slava voulait bien me donner l’opportunité de pratiquer un peu d’exercice et j’en étais très heureux.
En voiture, j’ai pu voir une partie de la ville nouvelle qui semble effectivement plus jolie et plus riche. J’ai même cru distinguer des couleurs sur les murs. Nous avons longé une forêt de sapin et j’ai pu apercevoir des skieurs de fond qui s’entrainaient. Cela m’a donné envie d’y aller. Nous avons laissé Anna et Olia devant un immense supermarché METRO comme au Canada et puis nous sommes allés à la piscine. La piscine est tout ce qu’il y a de plus ordinaire si l’on excepte la présence surprenante d’une dame dans les vestiaires masculins dont la fonction est de surveille les hommes qui s’y dévêtent.
Il y a une surprenante abondance de fonctionnaires dont l’utilité ne me semble pas toujours évidente.
J’étais vraiment content de partager ce moment avec Slava et j’en ai profité pour me défouler dans l’eau. Nous alternions des sprints avec des séances de sauna sec cette fois. Slava m’a expliqué que le sauna représentait une importante perte d’énergie pour le corps. Nous sommes ensuite allés rejoindre les filles qui avaient fini les courses. Olia voulait me faire découvrir le restaurant turc à côté du centre commercial. C’est extrêmement bien décoré mais toutefois assez ordinaire. Je ne pense pas que les restaurants soient particulièrement fréquentés par les Russes. De plus je commençais vraiment à fatiguer après la soirée de la veille et toutes les activités du jour. Mes yeux se fermaient de fatigue. Nous sommes rentrés à la maison et je suis tombé endormi.
Anna est une femme extrêmement active et déterminée en toute circonstance et elle se sent totalement désemparée dans une situation qu’elle ne contrôle pas. Pour ma part, je vis le quotidien dans une grande insouciance et elle s’occupe de tout ou presque. J’essaye souvent d’être drôle pour compenser, mais j’ai remarqué son peu d’intérêt pour ce genre de distraction. Pour elle c’est très important que je sois un homme sérieux. Elle n’a que faire d’un homme drôle qui partira s’amuser avec ses amis pour boire de la Vodka. La différence culturelle avec le Canada est totale. Une fille montréalaise recherchera un homme drôle avant tout, le sérieux va de soi. Ici, l’insouciance et le manque de sérieux sont synonyme de graves dangers.
Lire la suite >
A suivre:
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 4)
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 29)
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 23)
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 22)
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 25)
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 33)
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 32)
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 3)
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 31)
- Russie: les «bobos» remplacent les nouveaux riches
- Hommes suisses et Femmes de l’Est
- Vision sur la Russie
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 26)
- Milla Natasha Jovovitch
- Voyage vers l’Amour Russe (Page 2)




