Collégiale Saint-Pierre de Chauvigny

Collégiale romane Saint-Pierre ; commune de Chauvigny, Vienne 86, Poitou-Charentes, France
La collégiale Saint-Pierre (XIe siècle-XIIe siècle) est une église-halle à trois vaisseaux. Elle fut commencée par l’abside et terminée cent ans plus tard par la nef. À l’extérieur, clocher carré à double étage de baies, superbe chevet richement sculpté. L’intérieur de l’église a malheureusement été batiolé au XIXe siècle, mais les chapiteaux du chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes présentent un riche décor sculpté (monstres, allégories de Babylone…) et dédicacé : Gofridus me fecit.
(extrait de : fr.wikipedia.org/wiki/Chauvigny#Lieux_et_monuments)
Nef de 5 travées sensiblement carrées, flanquée de longs bas-côtés ; transept en saillie assez prononcée ; abside, ouverte directement sur le transept, entourée d’un déambulatoire sur lequel sont greffées, dans l’axe, une absidiole semi-circulaire précédée d’une brève partie droite, et, sur chacun des pans coupés extrêmes, une absidiole en hémicycle. Transept et choeur antérieurs à la 2nde moitié du 11ème siècle. Idem peut-être pour la dernière travée de la nef. 4 premières travées, de construction étiolée et appauvrie, datant de la fin de la période romane, soit 2nde moitié du 12ème siècle.
Transept et choeur : Croisée du transept couverte d’une coupole octogonale sur trompe, portée sur 4 piles de plan complexe ; demi-colonnes s’y adossant se terminant, sur les faces internes, par de magnifiques consoles en encorbellement, richement ornées de bagues de feuillages ou de masques d’animaux (lions ? chauves-souris ?) et arrêtées sur des masques humains, hommes et femmes, dont on note les pittoresques nuances, certainement volontaires : sereine à l’Est, penaude et renfrognée à l’Ouest. Exception, à la pile Nord-Est : couronne végétale ou zoomorphe substituée par l’image d’une sirène mutine et délicieusement provoquante, tenant dans chaque main le col d’un volatile, qui, incliné, semble faire hommage à sa beauté. Croisillons, généreusement ajourés, voûtés de berceaux en plein cintre, qui reçoivent des demi-colonnes engagées dans des dosserets, par l’intermédiaire de chapiteaux végétaux et zoomorphes : aigles, animaux monstrueux. Colonnade absidiale branchée directement sur le transept. Au-dessus des grandes arcades, doublées seulement du côté intérieur, que supportent 6 futs cylindriques couronnés de leurs fameux chapiteaux, le pan de l’hémicycle, relativement élevé pour porter le cul-de-four à hauteur de l’arcade d’entrée, est élégi et agrémenté d’une galerie d’arcatures aveugles en plein cintre, portées sur des colonnettes en délit qui reposent elles-mêmes sur un bandeau en légère saillie. Chapiteaux de ces supports joliment sculptés de feuillages divers, d’oiseaux affrontés de part et d’autre d’une colonne, d’animaux fabuleux. Cabochons saillants ponctuant et animant les tranches des archivoltes. A la base du cul-de-four, 3 baies en plein cintre engendrant des pénétrations profondes. Berceau annulaire, de construction grossière et dépourvu d’arcs-doubleaux, coiffe le déambulatoire, qu’éclairent des baies en plein cintre, larges, creusées dans les pans libres. Chapelles, voûtées en cul-de-four, ajourées d’une fenêtre unique, sauf celle de l’axe, où 2 baies supplémentaires sont percées dans la section droite, et tapissées d’arcatures.
Chapiteaux historiés des 6 colonnes du sanctuaire : oiseaux de proie dévorant des hommes, grande prostituée, pesée des âmes, annonce aux bergers, Babylone désertée, dragons dévorant des hommes, masques d’anges, Annonciation, Adoration des mages, Tentation du Christ, Présentation, lions ailés réunis par la tête, homme siamois, lions adossés, monstres à corps d’oiseau et tête d’homme barbu, dragon, sphinx féminins, satan et sa cour.
Nef : Elévation du type dit église-halle, aux bas-côtés étroits et élevés, fournissant seuls l’éclairage à la nef principale, dont leurs voûtes d’arêtes contre-butent le berceau divisé par des arcs-doubleaux simples. Arcs de même type, côté collatéraux, portés, d’un côté, sur des demi-colonnes engagées, sans dosseret, dans les murs goutterots; de l’autre, sur la demi-colonne correspondante des piles quadrilobées. Décor sculpté s’appauvrissant d’Est en Ouest, des formes encores romanes aux feuillages à double rang recourbés en crochet, annoncant le 13ème siècle. Dernière travée de la nef, la plus proche du transept, profils encore en plein cintre, alors que 4 travées occidentales, plus tardives, profils brisés adoptés. Arcades de communication entre les collatéraux et les croisillons renforcées par des étrésillons.
Extérieur : Chevet traité dans un bel appareil régulier, blond et lumineux, du calcaire local et mangifiquement rhytmé de la souche au fort clocher carré, assis sur la croisée. Rang d’arcatures basses, en plein cintre, portées sur des demi-colonnes, ceignant les pourtours, coupées par places, de contreforts-colonnes simples (déambulatoire) ou jumelées (absides), qui montent du fond jusqu’aux corniches, soutenues par leurs chapiteaux. Sur ce soubassement s’appuient les baies et arcatures aveugles du déambulatoire et des absidioles. Une voussure ornée de géométries diverses encadre le cintre de chaque fenêtre, comprise sous un larmier. Arcatures aveugles, creusant les pans intermédiaires des chapelles, davantage encore ouvragées : archivoltes y retombent sur des colonnettes d’angle. Puissants modillons, sculptés de masques, supportant les corniches. Galerie d’arcatures, coupé de contreforts-colonnes composés, ceint de même l’hémicycle absidal, en enveloppant les 3 baies supérieures. Corniche à modillons couronne cet étage comme les précédants. Curieux parapets de pierre, pleins, coiffant successivement les absidioles, le déambulatoire et l’abside majeure. Clocher de croisée, élevé sur un soubassement nu, scandé de contreforts et couronné par une corniche à modillons, 2 hauts étages arcaturés, profils en tiers-point de l’étage moyen et chapiteaux à crochets dénonçant déjà le style gothique du 13ème siècle. Tourelle d’escalier ronde, insérée dans l’angle de l’absidiole méridionale et du croisillon.
(extrait de : "Haut-Poitou roman" ; Raymond Oursel ; Coll. Nuit des Temps, Ed. du Zodiaque, pp. 206-231)

Collégiale romane Saint-Pierre ; commune de Chauvigny, Vienne 86, Poitou-Charentes, France
La collégiale Saint-Pierre (XIe siècle-XIIe siècle) est une église-halle à trois vaisseaux. Elle fut commencée par l’abside et terminée cent ans plus tard par la nef. À l’extérieur, clocher carré à double étage de baies, superbe chevet richement sculpté. L’intérieur de l’église a malheureusement été batiolé au XIXe siècle, mais les chapiteaux du chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes présentent un riche décor sculpté (monstres, allégories de Babylone…) et dédicacé : Gofridus me fecit.
(extrait de : fr.wikipedia.org/wiki/Chauvigny#Lieux_et_monuments)
Nef de 5 travées sensiblement carrées, flanquée de longs bas-côtés ; transept en saillie assez prononcée ; abside, ouverte directement sur le transept, entourée d’un déambulatoire sur lequel sont greffées, dans l’axe, une absidiole semi-circulaire précédée d’une brève partie droite, et, sur chacun des pans coupés extrêmes, une absidiole en hémicycle. Transept et choeur antérieurs à la 2nde moitié du 11ème siècle. Idem peut-être pour la dernière travée de la nef. 4 premières travées, de construction étiolée et appauvrie, datant de la fin de la période romane, soit 2nde moitié du 12ème siècle.
Transept et choeur : Croisée du transept couverte d’une coupole octogonale sur trompe, portée sur 4 piles de plan complexe ; demi-colonnes s’y adossant se terminant, sur les faces internes, par de magnifiques consoles en encorbellement, richement ornées de bagues de feuillages ou de masques d’animaux (lions ? chauves-souris ?) et arrêtées sur des masques humains, hommes et femmes, dont on note les pittoresques nuances, certainement volontaires : sereine à l’Est, penaude et renfrognée à l’Ouest. Exception, à la pile Nord-Est : couronne végétale ou zoomorphe substituée par l’image d’une sirène mutine et délicieusement provoquante, tenant dans chaque main le col d’un volatile, qui, incliné, semble faire hommage à sa beauté. Croisillons, généreusement ajourés, voûtés de berceaux en plein cintre, qui reçoivent des demi-colonnes engagées dans des dosserets, par l’intermédiaire de chapiteaux végétaux et zoomorphes : aigles, animaux monstrueux. Colonnade absidiale branchée directement sur le transept. Au-dessus des grandes arcades, doublées seulement du côté intérieur, que supportent 6 futs cylindriques couronnés de leurs fameux chapiteaux, le pan de l’hémicycle, relativement élevé pour porter le cul-de-four à hauteur de l’arcade d’entrée, est élégi et agrémenté d’une galerie d’arcatures aveugles en plein cintre, portées sur des colonnettes en délit qui reposent elles-mêmes sur un bandeau en légère saillie. Chapiteaux de ces supports joliment sculptés de feuillages divers, d’oiseaux affrontés de part et d’autre d’une colonne, d’animaux fabuleux. Cabochons saillants ponctuant et animant les tranches des archivoltes. A la base du cul-de-four, 3 baies en plein cintre engendrant des pénétrations profondes. Berceau annulaire, de construction grossière et dépourvu d’arcs-doubleaux, coiffe le déambulatoire, qu’éclairent des baies en plein cintre, larges, creusées dans les pans libres. Chapelles, voûtées en cul-de-four, ajourées d’une fenêtre unique, sauf celle de l’axe, où 2 baies supplémentaires sont percées dans la section droite, et tapissées d’arcatures.
Chapiteaux historiés des 6 colonnes du sanctuaire : oiseaux de proie dévorant des hommes, grande prostituée, pesée des âmes, annonce aux bergers, Babylone désertée, dragons dévorant des hommes, masques d’anges, Annonciation, Adoration des mages, Tentation du Christ, Présentation, lions ailés réunis par la tête, homme siamois, lions adossés, monstres à corps d’oiseau et tête d’homme barbu, dragon, sphinx féminins, satan et sa cour.
Nef : Elévation du type dit église-halle, aux bas-côtés étroits et élevés, fournissant seuls l’éclairage à la nef principale, dont leurs voûtes d’arêtes contre-butent le berceau divisé par des arcs-doubleaux simples. Arcs de même type, côté collatéraux, portés, d’un côté, sur des demi-colonnes engagées, sans dosseret, dans les murs goutterots; de l’autre, sur la demi-colonne correspondante des piles quadrilobées. Décor sculpté s’appauvrissant d’Est en Ouest, des formes encores romanes aux feuillages à double rang recourbés en crochet, annoncant le 13ème siècle. Dernière travée de la nef, la plus proche du transept, profils encore en plein cintre, alors que 4 travées occidentales, plus tardives, profils brisés adoptés. Arcades de communication entre les collatéraux et les croisillons renforcées par des étrésillons.
Extérieur : Chevet traité dans un bel appareil régulier, blond et lumineux, du calcaire local et mangifiquement rhytmé de la souche au fort clocher carré, assis sur la croisée. Rang d’arcatures basses, en plein cintre, portées sur des demi-colonnes, ceignant les pourtours, coupées par places, de contreforts-colonnes simples (déambulatoire) ou jumelées (absides), qui montent du fond jusqu’aux corniches, soutenues par leurs chapiteaux. Sur ce soubassement s’appuient les baies et arcatures aveugles du déambulatoire et des absidioles. Une voussure ornée de géométries diverses encadre le cintre de chaque fenêtre, comprise sous un larmier. Arcatures aveugles, creusant les pans intermédiaires des chapelles, davantage encore ouvragées : archivoltes y retombent sur des colonnettes d’angle. Puissants modillons, sculptés de masques, supportant les corniches. Galerie d’arcatures, coupé de contreforts-colonnes composés, ceint de même l’hémicycle absidal, en enveloppant les 3 baies supérieures. Corniche à modillons couronne cet étage comme les précédants. Curieux parapets de pierre, pleins, coiffant successivement les absidioles, le déambulatoire et l’abside majeure. Clocher de croisée, élevé sur un soubassement nu, scandé de contreforts et couronné par une corniche à modillons, 2 hauts étages arcaturés, profils en tiers-point de l’étage moyen et chapiteaux à crochets dénonçant déjà le style gothique du 13ème siècle. Tourelle d’escalier ronde, insérée dans l’angle de l’absidiole méridionale et du croisillon.
(extrait de : "Haut-Poitou roman" ; Raymond Oursel ; Coll. Nuit des Temps, Ed. du Zodiaque, pp. 206-231)
A suivre:
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