May 28, 2007 • Rencontre et mariage
Vers 17h30, Valera est rentré du travail un peu plus tôt que d’accoutumée. Anna et sa mère avaient déjà tout préparé les éléments de la soirée, serviettes, repas, boissons, brochettes. A 18 heures, Olia, Slava et Vadim nous ont rejoints et nous voilà parti dans la nuit noire sous une neige battante en direction des bains russes. “Tu n’as pas besoin de mettre ta ceinture !” m’a intimé Valera lorsque je suis monté dans la voiture. Je n’étais pas très rassuré. Nous devions sortir de la ville pour rejoindre un petit village à 30 km de Naberezhnye Chelny où un ami de Valera devait nous recevoir. J’étais vraiment désolé de ne pouvoir voir le paysage tant la neige et la nuit rendaient la visibilité difficile. La route était dans un état épouvantable et même parfois Valera devait quitter la chaussée pour passer à travers champs tant le chemin était impraticable. Parfois, on traversait un petit village où j’apercevais une vieille dame avec un fichu sur la tête qui nous regardait passer avec surprise. La route était déserte. A un moment donné j’ai aperçu un système de canalisation aérien qui irriguait chacune des maisons du village que nous traversions. Valera m’a expliqué qu’il s’agissait du gaz pour le chauffage. Je me suis rappelé que la Russie est un gros producteur de gaz.
Finalement nous sommes arrivés sans problème dans un village gros comme Rurey (une petite ville du Canada), où Zémphir, un camarade de Valera, nous attendait sur le perron de son chalet. Dans l’obscurité, Valera et Olia ont garé leurs voitures respectives sur un terrain enneigé où je ne me serais même pas aventuré à pied. J’ai immédiatement aimé le caractère sauvage et perdu des lieux ainsi que les visages de nos hôtes, Zémphir et Nazir, deux frères Tatar à la mine patibulaire mais presque comme aurait dit Coluche.
Incroyablement serviables et dévoués, ils avaient mis leur chalet et leur sauna à la disposition de toute la famille que nous étions. Au dehors, il y avait un feu de bois qui rougeoyait dans la clarté de la nuit fraîche. Slava a fini d’embrocher les brochettes avant que les hommes ne partent immédiatement rejoindre le bain, une maison en bois éloignée de quelques mètres de la résidence principale où les femmes préparaient le souper.